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LE MACERAT DE MYRTILLIER

Extrait de bourgeon de Vaccinium myrtillus

INTRODUCTION

Le myrtillier est un sous-arbrisseau qui couvre des milliers d'hectares dans le nord de l'Europe, particulièrement abondant en dessous des bouleaux et conifères. Cette biomasse est utilisée par les mammifères, les insectes comme source de nourriture.
Dans nos régions, il est fréquent de voir les bourgeons terminaux du myrtillier broutés au printemps par le gibier (tels chevreuil, cerf, etc …).
La plante occupe donc une place importante dans l'écosystème.
Le myrtillier se développe en terrain acide, soit en milieu ouvert (landes, coupe-feu, friches,…) en compagnie de la bruyère, de l'airelle (Vaccinium Vitis-Idaea), du genévrier (Juniperus communis), soit en sous-bois accompagnant différentes essences forestières (bouleau, chêne, conifères divers, hêtre, …).
Il s'agit donc d'une espèce rustique à la fois pionnière et "phytosociable" possédant une grande amplitude écologique.
Mentionnons que le myrtillier, bien qu'il perde ses feuilles, reste toujours vert, ce qui n'est pas sans analogie avec le genêt ou la prêle d'hiver.
C'est un sous-arbrisseau aux nombreuses tiges quadrangulaires bien vertes, souvent dressées qui joue un rôle de structure.

En gemmothérapie, Vaccinium myrtillus sera donc susceptible de s'associer à de nombreux autres bourgeons (voir schéma ci-après).
Ce sont principalement les fruits qui sont employés depuis longtemps par les populations rurales dans une foule d'applications qui vont de la teinture de la laine, au lotions pour la peau, en passant par le vin, les confitures, jus et autres préparations alimentaires ou médicinales.

En ce qui nous concerne, il s'agit de vérifier si le bourgeon de myrtillier (principalement le bourgeon terminal en cours d'ouverture) possède les mêmes vertus que celles mentionnées dans la littérature pour la feuille c'est-à-dire infections urinaires, pierre à la vessie, diarrhée, dysenterie, diabète, antigalactagogue, application locale sur les ulcères ; action anti-cancer.

Selon Fournier, les feuilles, en décoction, possèdent des propriétés hypoglycémiantes.
Allen considérait la myrtilline comme une insuline végétale, active même en cas d'ablation du pancréas.
La décoction de feuille amène une plus grande tolérance des aliments sucrés.
Les feuilles sont toniques, astringentes, antiseptiques.
Leur décoction s'utilise en gargarisme dans l'inflammation des muqueuses de la bouche, en lotion et fomentation contre les inflammations des yeux, les maladies de la peau, les brûlures.
Fournier mentionne également l'action des feuilles de myrtillier dans la toux, les nausées et vomissements, les crampes d'estomac et les spasmes gastro-intestinaux, la faiblesse vésicale, l'incontinence d'urine, la diarrhée et les affections cutanées rebelles.
Les feuilles de myrtille constituent un diurétique aseptisant les voies urinaires et recommandé dans les infections et inflammations telles cystites, pyélonéphrites,, urétrites. Les feuilles et les baies freinent le développement des colibacilles (ex : Escherchia coli).
La néomyrtilline présente dans les feuilles et la tige possède une activité hypoglycémiante.
Les acides phénoliques de la feuilles expliquent leurs action dans les infections bactériennes du système urinaire et la diarrhée.
Les polyphénols (tanins) de le feuille sont antioxydants.

ACTION EN GEMMOTHERAPIE

L'action de Vaccinium myrtillus gemmae est à comparer avec celle de Vaccinium V.I. (airelle), une espèce voisine tant botaniquement que phytosociologiquement. Dans le schéma 1, nous indiquons les propriétés qui nous semblent probables mais néanmoins à vérifier.

Si l'ensemble des propriétés mentionnées pour la feuille sont fortement susceptibles de se rencontrer au niveau du bourgeon, nous exposons ci-dessous les quelques observations que nous avons constatées :

Action régulière et fiable dans le diabète
Action antiseptique dans les infections urinaires, notamment chez un handicapé dont la vie en chaise roulante favorise ce type de problème. Nous avons associé le macérat glycériné concentré de myrtille à celui de bouleau.
Une particularité du macérat glycériné concentré de bourgeon de myrtillier est sa couleur bleue noire !

Associations (voir schéma 2) :

La myrtille (Vaccinium myrtillus) s'associe bien avec l'airelle (Vaccinium Vitis-Idaea). Elle possède toutes deux des compositions biochimiques voisines, notamment la néomyrtilline. Toutefois, l'airelle, sous forme gemmothérapique (Vaccinium V.I. gemmae), n'est pas mentionnée dans le diabète, alors que sa feuille en décoction s'emploie dans les formes légères de diabète (Vanhellemont, Compendium de phytothérapie, ed A.P.B 1985, 492p.).
La myrtille s'associe avec le cassis qui renferme également des anthocyanosides.
Enfin, en fonction de la phytosociologie, la myrtille s'associe bien avec le bouleau, le chêne, le pin, le sapin, l'aulne.

Dans le traitement du diabète, si l'on désire employer le noyer, il nous semble préférable de prendre chaque macérat glycériné à des moments différents de la journée ou mieux de les prendre en alternance : les jours pairs, le myrtillier, les jours impairs, le noyer.

Toxicité :

En raison de la présence d'hydroquinone (présente également dans d'autres espèces comme l'airelle, la busserole), l'abus et l'usage prolongé des feuilles de myrtille peut provoquer des intoxications dont les symptômes sont : perte de poids, formation de méthémoglobine et ictère. Ils peuvent être suivis de cachexie et dans les cas extrêmes de la mort.
Des travaux semblent montrer qu'il existe des écotypes pauvre en hydroquinone et que même sa présence dans la myrtille est contestée (Bruneton, Plantes toxiques; ed Tec et doc, 2001, 564p.)
La concentration en arbutine est moins élevée que dans la busserole

Toutefois, l'usage des feuilles aux doses thérapeutiques est sans danger.
En ce qui concerne le macérat glycériné de bourgeon, la concentration en plante est de 5%p/p ; il ne peut donc pas conduire à des surdosages comme mentionné plus haut.
Par sécurité on évitera un traitement dépassant 3 mois. On arrête une semaine, après 3 semaines de cure. Après 3 mois de cure, arrêt de 2 semaines et on reprend le traitement si nécessaire.

Un dossier complet sur le Vaccinium myrtillus peut être envoyé aux thérapeutes sur simple demande via la page "Contacts" du site.

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